Les essais cliniques 2.0 : exemple de projet innovant chez Bayer

Suite à l’intervention d’Isabelle Véloppé, lors de l’Échange d’expérience du 6 décembre 2017 chez Bayer, Pascal Dao Phan, Responsable Opérations Cliniques du groupe pharmaceutique est intervenu sur un exemple de projet innovant mené récemment par le groupe allemand : les essais cliniques 2.0.

 

Les essais cliniques

Dans le cadre de sa politique d’innovation, le groupe pharmaceutique se lance aujourd’hui dans de nouveaux projets innovants et regarde avec intérêt ce que le numérique peut lui apporter dans son activité.

Si les phases des essais cliniques doivent respecter une réglementation stricte pour apporter un maximum de garantie aux patients, c’est un domaine dans lequel l’innovation peut apporter une réelle plus-value. Pour autant, Pascal Dao Phan a constaté qu’il fallait à la fois prendre en compte les remarques des autorités de santé, mais aussi accompagner en interne le changement pour faire évoluer les habitudes.

Quatre grandes phases dans les essais cliniques sont à respecter pour tout nouveau traitement mis sur le marché, si ce n’est pour certaines maladies rares pour lesquelles des dérogations peuvent exister, comme ce fut le cas pour le sida.

 

Un environnement en mutation

Si jusqu’à présent, l’échange de documents, que ce soit des brochures ou des études communiquées, se faisait uniquement au format papier, il existe aujourd’hui des applications smartphone pour permettre aux patients de rejoindre des études cliniques en cours et faire que les hôpitaux puissent accéder, en temps réel, aux documents de ces études.

Exemple d’application en ligne pour accéder aux documents des études cliniques

En parallèle à l’arrivée de ces nouveaux services, une tendance de fond a lieu actuellement dans le monde médical, qui est la volonté de mettre les patients systématiquement au centre des dispositifs. Avec le développement d’Internet et la possibilité d’accéder à des informations de plus en plus précises, le comportement des patients évolue depuis quelques années.

Le médecin n’est plus perçu comme l’unique personne qui détient la connaissance sur les maladies et les traitements et qu’il faudrait écouter sans s’interroger. Les patients veulent devenir acteurs de leur santé, s’informent auprès de communautés en ligne et sont de plus en plus exigeants dans les réponses apportées par les professionnels de santé.

De par les doutes émis sur certains traitements, les patients sont devenus davantage méfiants vis-à-vis des traitements médicamenteux en général, au point de remettre en cause certaines solutions avérées qui existent depuis de nombreuses années. La vaccination obligatoire, qui était un acquis en France, a connu, par exemple, une baisse ces dernières années, faisant courir des risques inutiles à la population.

 

L’innovation au service d’actions concrètes

Face à cette réticence de certains à recourir aux traitements médicamenteux, l’organisation professionnelle Le Leem (Les entreprises du médicament) a lancé une campagne de communication avec notamment des vidéos sur Youtube et Dailymotion sur l’intérêt et les avantages des essais cliniques.

Exemple de vidéo mise en ligne par le Leem sur Youtube

En plus de spots télé traditionnels, plusieurs web séries sont actuellement accessibles en ligne comme : Pourquoi participer à un essai clinique ? ou Comment se déroule un essai clinique ? ou encore Les essais cliniques, pourquoi est-ce si important ?

Pour donner une meilleure visibilité aux études cliniques, des sites dédiés à ces études apparaissent également aux États-Unis, en complément des annonces presse diffusées au plan régional et national. C’est le cas, par exemple, de l’étude clinique DKD Studies sur la néphropathie diabétique, qui donne la possibilité aux patients de remplir un questionnaire et de rejoindre l’étude en cours, si les réponses fournies les rendent éligibles.

Questionnaire destiné aux patients sur le site DKD Studies

Une fois le questionnaire complété avec l’identification de la personne et ses données de santé, si le patient est présélectionné, il peut être géolocalisé et le centre médical le plus proche de chez lui lui est proposé pour qu’il rejoigne l’étude clinique en cours.

Si aux États-Unis ce type de dispositif devient courant, en France, la CNIL reste très vigilante sur utilisation de données personnelles et les contraintes réglementaires pour ce type de dispositif sont nettement plus élevées sur le territoire français que dans d’autres pays.

L’utilisation des technologies numériques ne se limite pas uniquement à la communication et au recrutement de nouvelles personnes pour des essais cliniques, mais se retrouve tout au long des échanges avec les patients et notamment dans le cadre de leur suivi au quotidien.

Application en ligne de suivi des patients

Au lieu d’une infirmière qui relance régulièrement les patients pour qu’ils n’oublient pas de suivre les consignes données et de venir aux visites médicales, le suivi des patients passe aujourd’hui par l’utilisation d’applications en ligne. Des SMS ou des e-mails leurs sont envoyés sous forme de notifications pour leur rappeler leurs RDV et les instructions qu’ils doivent respecter.

 

Et demain …

Demain, les objets connectés devraient changer en profondeur la manière d’interagir avec les patients. Des capteurs devraient permettre d’effectuer des relevés de mesure réguliers, sans que les personnes n’aient plus à s’en soucier. Un des obstacles qui se posent encore à ces dispositifs est la fiabilité des matériels utilisés pour pouvoir les proposer.

Exemples de dispositifs médicaux basés sur des objets connectés

Pour autant, les technologies évoluent très vite et il devrait être possible d’imaginer à l’avenir d’intégrer des capteurs visuels dans des miroirs ou des capteurs sensoriels à la sortie du bain. Il devrait également être envisageable à terme d’avoir des algorithmes pour prédire à l’avance les risques de maladie et d’agir ainsi de manière préventive plutôt que curative.

La présentation de Pascal Dao Phan est accessible sur le Drive de l’AMI pour les membres de l’Association pour le Management de l’Innovation à jour de leur cotisation.

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